Alors que les pressions sur la trésorerie persistent dans les chaînes d’approvisionnement, de nombreux fournisseurs offrent des escomptes sur leurs factures pour encourager des paiements plus rapides. Selon une étude de SAP Taulia, environ les deux tiers des entreprises considèrent les escomptes pour paiements anticipés comme une stratégie acceptable. Avec seulement 37 % des factures payées à temps en 2025 — et des prévisions de baisse supplémentaire en 2026 — accélérer les paiements est devenu une priorité.

Au cours de mes années comme gestionnaire de crédit, j’ai souvent utilisé les escomptes pour paiements anticipés comme outil pour accélérer les comptes clients. Lorsqu’ils sont appliqués de manière stratégique, ils peuvent améliorer les paiements à temps, renforcer la trésorerie et aider à financer des achats à venir. En fin de compte, il s’agit de gérer le moment où l’argent entre.

Cependant, cela a un coût. Lorsque les escomptes deviennent routiniers, les clients capables d’en profiter le feront systématiquement. Par exemple, un escompte mensuel de 2 % représente un rendement annuel effectif de 24 % pour l’acheteur — une économie attrayante qui peut devenir coûteuse pour le fournisseur qui l’offre.

Autres solutions

De nombreux fournisseurs — particulièrement les petites et moyennes entreprises — se tournent également vers l’affacturage ou l’externalisation du recouvrement des créances pour améliorer leur trésorerie. Bien que ces services offrent une liquidité rapide, ils coûtent souvent beaucoup plus cher que prévu. Un risque supplémentaire est souvent négligé : si un acheteur n’a pas payé dans un délai de 90 ou 120 jours, les sociétés d’affacturage refacturent généralement la créance au fournisseur.

Les fournisseurs dépendent d’un flux de trésorerie stable pour couvrir la paie, les matières premières et les coûts de production, mais ils ont rarement le pouvoir d’imposer leurs conditions de paiement, surtout lorsque les acheteurs exigent des délais de 60, 90 ou même 120 jours. L’affacturage peut sembler une bouée de sauvetage, mais les frais s’accumulent rapidement.

L’assurance-crédit commerciale offre une autre option. Avec l’Assurance-credit, les fournisseurs peuvent souvent augmenter leur capacité d’emprunt auprès de leur banque et accéder à un financement alternatif lorsque les paiements ralentissent. Plus important encore, si un client ne paie pas, l’assurance intervient.

Dans l’environnement actuel, améliorer la trésorerie est essentiel — mais les stratégies les plus efficaces sont celles qui renforcent la stabilité financière sans éroder discrètement les marges.

Michelle Davy est courtière principale et présidente de CreditAssur. Elle est également membre de longue date de l‘Association canadienne d’assurance-crédit.

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